Créer des fichiers RAW directement depuis 3DSmax

Créer un fichier RAW depuis 3DSMax

Je voulais faire au départ un article portant uniquement sur le format Exr multi-passes et son édition grâce au plug’in ProExr. Cependant, je me suis dis qu’on ne pouvait pas parler du format Exr sans s’intéresser à la méthodologie en amont pour obtenir ce fameux fichier. Cet article se découpera donc en plusieurs parties portant sur l’approche théorique du Linear Workflow, son application pratique avec la configuration de 3dsmax et Vray et enfin l’exploitation du format EXR multi-passes. Pour rappel, le format EXR est un format d’image 32 bits/pixel non compressé pouvant stocker toutes les passes de rendu dans des canaux indépendants.

Le Linear Workflow

Le Linear Workflow est une méthode de travail qui consiste à supprimer les compensations Gamma des images utilisées (les textures principalement) et produites (les rendus) dans notre logiciel 3D fétiche. Ce qui nous amène à nous poser cette question :

La compensation Gamma, kesako ?

À la sortie de la carte graphique, une image a une courbe de gamma linéaire (gamma = 1)

Courbe de Gamma 1.0

La courbe de réponse d’un moniteur n’est pas linéaire car il convertit l’intensité du signal qu’il reçoit en intensité lumineuse afin qu’on visualise correctement l’image à l’écran. La courbe doit être compensée (gamma = 2.2)

Courbe de Gamma 2.20

Et là vous vous dites : « Ok, il fait le malin avec ses courbes et ses termes compliqués. Mais pourquoi j’utiliserais le Linear WorkFlow ? ». À cela, je répondrais tout simplement qu’il va rendre vos images plus naturelles et réalistes. Et je pense que cet argument suffira à titiller votre curiosité.

Ok, on va s’arrêter là pour la théorie parce que même si c’est bien de comprendre le pourquoi du comment, ce qui nous intéresse le plus (pour ma part en tout cas), c’est comment fait-on pour mettre tout çà en pratique et sortir de jolies images ? Allez hop, suivez-moi c’est par là !

Configuration de 3dsmax

Sachez qu’il existe différentes manières de configurer 3dsmax pour le Linear Workflow. En ce qui me concerne, je vous montre celle que j’utilise par soucis de simplicité et de clarté de cet article ; pour le reste, Google est votre ami.

Revenons à nos moutons. On ouvre 3dsmax (çà paraît logique, mais je préfère le rappeler), on va dans le menu Personnaliser > Préférences

On configure l’onglet Gamma et LUT comme sur l’image :

Configuration Gamma et LUT

Important : Lorsque vous importerez une map de type bump, normal bump, réflection et réfraction, il faudra impérativement lui appliquer un override de 1 comme suit :

Override image

Voilà, on en a terminé avec 3dsmax. Il faut maintenant s’occuper de son acolyte Vray

Configuration de Vray

Menu Rendu > Configuration de rendu : Dans l’onglet Vray / Color Mapping , on configure comme suit :

Vray : Screen color correction

Voilà, c’est tout. Vous êtes prêt à entrer dans le merveilleux monde du Linear Workflow, LWF pour les intimes. Vous voyez, c’était pas si terrible ! Maintenant que tout ce petit monde est correctement configuré, que vous avez modélisé, texturé et éclairé votre scène (d’une manière exceptionnelle je n’en doute pas), il est arrivé le temps d’appuyer sur le bouton RENDU. C’est ce moment que je choisis pour vous dire … .STOOOPPPP !! Il y a encore quelques subtilités à prendre en compte.

Rendre des images en utilisant le LWF

Pour cela, il faut impérativement utiliser le Vray Frame buffer. Rendez-vous dans le panneau de configuration dans l’onglet Vray > Vray Frame buffer.

Configuration du Vray Frame buffer

Pour visualiser correctement votre image dans le FrameBuffer, pensez à cochez la case sRGB en bas de la fenêtre.

Case sRGB

Ok, maintenant vous pouvez appuyer sur le bouton RENDU. Quelques minutes plus tard (quelques secondes si vraiment vous êtes très bon), vous êtes devant votre écran, ébahi devant la qualité exceptionnelle du travail que vous venez de fournir. Il est venu le temps d’enregistrer cette image et correctement tant qu’à faire.

Enregistrer ses rendus

Le but ultime du LWF, c’est d’avoir des images malléables à souhait en post-production. Nous allons donc choisir un format d’image le moins destructif possible. Un format se prête parfaitement à çà : L’EXR. C’est un format 32 bits/pixel qui permet de stocker un maximum d’informations de couleurs et de luminance grâce à son range xxl. Lorsque vous allez enregistrer le fichier, la fenêtre de configuration de l’EXR va apparaître, veuillez la configurer comme suit :

Configuration de l'enregistrement des rendus

Dans Photoshop, vous vous retrouverez alors avec votre image en 32 bit/pixel avec son gamma correct.

Rendu Gamma 2.2

Vous pouvez bien sûr sauvegarder vos images en JPG, TGA, TIFF etc. Mais sachez que vous perdrez le bénéfice du 32 bits/pixel ; vos images seront bien moins malléables. Dans le cas où vous voudriez quand même le faire, il faudra leur appliquer un override 2,2 à l’enregistrement. Sous peine de vous retrouvez avec une image très foncée et contrastée comme çà :

Rendu Gamma 1

Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour intégrer le LWF dans votre workflow habituel. Allez, je suis bon prince, je vous laisse deux minutes pour souffler. Inspirer… Expirer… Inspirer… Bon c’est reparti, on va pouvoir passer à la dernière partie de cet article : l’EXR Multi-passes.

L’EXR Multi-passes

Le format EXR ne vous a pas encore révélé tous ses secrets. En plus d’être non destructif et d’avoir un très large range de couleurs, il peut en plus stocker toutes vos passes de rendus !!

Il sera alors éditable dans Photoshop et AfterEffect par le biais du plugin ProExr. Il faut impérativement télécharger la dernière version du plugin sur http://www.fnordware.com/ProEXR/ .Je vous laisse vous référer à la doc pour l’installation.

Le plug’in est gratuit sur AfterEffect et payant sur Photoshop. Pour ceux qui ne veulent pas passer à la caisse, Matt Guetta dévoile une astuce toute simple (et légale) pour exploiter les passes de l’EXR sous Photoshop en passant par AfterEffect. Là aussi, je vous laisse aller jeter un œil sur la page : http://www.mattguetta.com/proexr/

Allez hop, on retourne dans 3dsmax ; Panneau de Configuration > Eléments de rendu > ajouter :

Configuration des éléments de rendu

J’y ai ajouté les principales passes pour reconstituer une image pour l’exemple mais toutes les passes peuvent être stockées dans l’EXR.

Principales passes de rendu

Ensuite, on va dans le Vray > FrameBuffer et on coche la case : Render to Vray Raw Image file et on indique l’emplacement d’enregistrement du fichier EXR.

Sortie de fichier

On lance le rendu. Le calcul sera forcément plus long car Vray va calculer simultanément toutes les passes.

Rendu des différentes passes

On peut vérifier la liste des passes en haut de la fenêtre du Framebuffer.

Une fois le calcul fini, on se rend à l’emplacement qu’on a spécifié auparavant dans le panneau de configuration pour y retrouver notre fichier EXR. J’ai décidé ici de suivre l’astuce de Matt Guetta, je vous invite à faire pareil. Après un peu de tri et de renommage de calque, on se retrouve donc dans la situation suivante dans Photoshop :

Disposition des calques par défaut dans Photoshop

On peut attaquer le compositing de l’image de base.

  • La Réfraction au dessus de la pile en mode fusion couleur plus claire
  • Les Réflexions, global Illumination, Lighting et spéculaire en mode de fusion Densité linéaire – (Ajout) 
  • L’Occlusion en  produit
  • La Passe de Z est mise de côté pour gérer la profondeur de champs.

Disposition personnalisée des calques dans Photoshop

Voila, normalement, si vous avez bien travaillé, vous devez arriver sensiblement à la même image que le calque RGBA qui correspond à votre image de base.

Maintenant c’est à vous de jouer sur les différents calques en modifiant leur luminosité, leur couleur… Vous pouvez également dupliquer les passes et jouer avec des masques de fusion pour améliorer le réalisme de vos images.

Cette fois, vous pouvez arrêter de transpirer, vous reposer et prendre un café ; cet article est ter…mi…né. C’est un assez gros morceau pas évident à digérer ; j’ai fait en sorte d’être le plus clair possible et j’espère que çà portera ses fruits…

Si vous arrivez à puiser dans les quelques ressources qu’il vous reste, vous pouvez allez jeter un œil sur ces quelques liens :

Julien DECHEF